Les explortateurs du dimanche

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mardi, 1 novembre 2011

A tombeau ouvert

01/11/2011 Irène avec Christine et Didier (GSO)au fond du trou

En route vers notre excavation du jour, nous espérions, sans oser le formuler, ce qu'allait nous offrir Irène ce jour de Toussaint. Plutôt que de rester terrés dans notre séjour cuisine, nous avons été goûter l'air ô combien frais exhalé par le puit sans fond (pour l'instant) qui est, nous le souhaitons, le préambule à de longues explos.
la guinguette "chez Irène"
Les records d'Irène :
3 minutes de descente nous ont mené en pointe de l'explo.
3 minutes ont suffi à maculer intégralement nos combis fraîchement nettoyées. Tout cela pour découvrir les résultats de la dernière péture du père François : un amas glaiseux de cailloutis et de blocs que nous étions invités à dégager.
Christine a bonne mine
C'est la reine incontestée de la barre à mine qui une fois de plus, a, fait basculer des pavasses et à ouvert la voie (pensez au perfo) à la prochaine explo.
Nature morte
L'air frais monte doucettement. La béance (modeste) créée montre un palier (de plus) 4 m en dessous dans un espace un peu plus large que le déjà parcouru. l'affaire reste à suivre...
Plein les bottes
Une remontée glaiseuse à souhait. L'argile abondant bloquant nos bloqueurs, la glissade est au programme. Après celui de la cavité, le nettoyage du matos a été fait au crépuscule en vallée d'Alçay, celui des
spéléos a casa.

Bottes de dézobeurs
Le photo reportage en reste à des vues suggestives qui ne se veulent ni
choquantes, ni provocantes.
Didier et Christine



dimanche,23 octobre 2011

Ces Dames de Camou

2011-10-23 Maddalen Irène avec Frédo Verlaguet, Eric Gelos, Charles Piau, Didier Marion et François Ichas (GSO, GSVO, GSG)

Frédo profite d'une fenêtre météo pour retourner faire une pointe dans le S3 de Maddalen. Au passage, il fouille le haut de la zone thémale. Il aperçoit un puits remontant avec miroir de surface. A voir!

Il poursuit vers l'amont où il ajoute 20 mètres de plus, toujours dans le même azimut. Problème, il descend encore de 5 mètres (-47m) mais préfère arrêter là à cause des palliers que ça  implique. A continuer car c'est toujours aussi large (10m sur 0.8m)

Des relevés de température sont effectués à l'aide de deux Sensus Ultra. Dans la zone thermale la température est de 30°. Au niveau de sa pointe en amont, l'eau est quand même à 15°. 

Toujours dans le S3, il croise une anguille de 1 mètre de long!! Plus tard, Battitte nous informe que le ruisseau qui traverse le village était réputé, dans le passé, pour ses anguilles.

Durant la plongée d'Eric et Frédo, j'en profite pour avancer le chantier chez Irène. Après une bonne séance de barre à mine et un "fracassage", la voie est libre. 4 mètres plus bas, je me retrouve dans le même profil et même situation que l'étage que je viens de quitter... sauf que la suite semble compromise...

En me faufilant, je retrouve un oeil noir qui me regarde entre deux blocs. J'arrive à y envoyer un petit cailloux : gagné, il y a du vide derrière! Le temps de faire du rangement, nettoyage à la Grosse Berta et 2 forages (dont un transperçage...), et je repars vers Maddalen pour la sortie des bouteilles.

Je ne sais plus où donner de la tête moi avec ces basquaises!

vendredi,14 octobre 2011

Irène, Christine, Birgit et moi

14/10/2011 Irène avec Christine, Birgt et François (GSO-GSVO-GSG)

C'est donc une sortie entre filles puisque Michou nous a laissé tomber pour quelques stères de bois...

Cette fois, nous entamons la marche d'approche vers l'objet  de toutes nos attentions plus chargés que de coutume. Irène grandit, maintenant il faut mettre son baudrier... 

                                         Nous n'oublions pas nos offrandes à Irène.

Discrètement j'essuie une larme : quand je pense que je l'ai connue toute petite... je me souviens même du jours où nous l'avons trouvée, blottie au pied d'une petite barre rocheuse. Et maintenant, voilà qu'elle fait ses moins 14, moins 15 mètres... Evidemment, à cet âge, tout ne se passe pas comme on voudrait, il faut canaliser, redresser, maîtriser cette nature indocile.

                                                  Le haut d'Idéfix

Sur une suggestion de Birgit, nous décidons donc de rectifier le départ du puits Idéfix, descendu par Christine. Il faudra nous y reprendre à deux fois.

Auparavant, je descends avec Christine pour voir comment ça se présente. L'énorme obélisque de la dernière fois gît là en position instable. Nous faisons le ménage en jouant de nos instruments favoris : Christine à la barre à mine et moi à la grosse Berta, Mieux!

                               3 mètres au dessus du terminus

Après avoir enlevé un peu de terre, nous nous faufilons vers la bas.

- "ça descend!"

... avant de butter sur un "bouchon" de blocs. 

Maintenant, c'est net, nous sommes dans une diaclase qui plonge. Par endroit, des blocs coincés qu'il faut dégager.

Nous arrêtons le chantier en haut d'un ressaut de 3 mètres environ avec de l'espace en dessous et une légère zéphyr dans la visage. Nous devons être à -20m maintenant.

Voilà une affaire rondement menée. A signaler qu'à cette occasion, Christine a tenté une alternative à l'injection de silicone pour avoir les lèvres pulpeuses : le pavasse de 10...

                                           Bon alors, comment vous me trouvez??

... si ça marche, elle se fait l'autre côté. 

samedi, 8 octobre 2011

Pêche au gros

2011-10-08 Irène avec Christine, Didier e François (GSO-GSG-GSVO)

On ne change pas un équipe qui gagne!

- "il faudra qu'on termine tôt car nous allons à un spectacle vers 18h30" Christine

                                           Irène : le rendez-vous du samedi après-midi

Notre plongée vertigineuse dans les entrailles d'Irène (euh, pas terrible cette phrase) avait buttée sur un resserrement de paroi, nous reprenons donc notre histoire à ce niveau.
Deux chizbugnes sur la paroi  de gauche nous permettent de retrouver notre massette à l'entrée d'un passage étroit qui semble livrer l'accès à une descente dans le méandre. Didier se faufile : 
-" ça continue vers la bas, je vois du vide mais il y a un pont de roche à dégager"

                                                    Toujours plus gros

Ce n'est pas très large. La technique perfo-pointerole nous permet d'être plus en l'aise et d'y voir plus clair. En fait, nous sommes au sommet d'un petit puits mais il y a d'énormes blocs qui en obstruent le passage. 

A force de remuer, nous en extrayons un de belle dimension vers la surface. Le second résiste à la technique "éclateur", nous optons donc pour la méthode forte : après évacuation vers le haut, ça devient plus spacieux.

Belle prise!

-" Christine, il est 18h!"

- "c'est râlant, font chi... ces blocs"

Malgré la pression qui monte, l'envie de voir ce qu'il y a dans ce noir, Christine, qui se trouve au dessus de l'édifice, trouve que ça serait bien d'équiper et de mettre un baudrier... En y regardant de plus près, c'est vrai que ça n'est pas du luxe. Va pour l'équipement.

 C'est ainsi que rassurée, elle poursuit son travail de "titillage" de l'ensemble de blocs qui tiennent en auto-coincement. 

- "Christine, il est 18h30!"

- "'ptain, c'est pas possible, je vais pas laisser ça comme ça!"

                                                       Du plus en plus gros!

Là, elle est à fond, comme un fauve en cage, affamé, devant un steak inaccessible! De plus, la situation est technique. Nous avons mis un énorme bloc en suspension grâce à un ingénieux mouflage, permettant ainsi d'aller dégager par dessous, les autres blocs à l'aide du cure-dent...

18h35

                          Christine et son équipement EFS... mais pas trop, on est en explo!

-"braaoumm"

Ca y est , c'est gagné! La voie est libre. Avant de descendre, nous laissons glisser le menhir en suspension. Quatre mètres plus bas, Christine prend pied dans un espace plus large, plus haut.

                                              Sous les pieds de Christine : le puits Idéfix

-" ça queute!"

- "mais non, c'est pas possible, faut chercher le courant d'air"

- "ah, oui, je vois où ça part. Je vois sur 3-4 mètres mais il y a encore des blocs"

Bilan. Nous avons progressé de 7 mètres vers bas et nous somme toujours dans le méandre avec beaucoup moins de terre mais toujours des blocs en travers. Nous estimons être à -15m. 

A noter que nous avons sorti une quantité conséquente de blocs qui s'accumulent de plus en plus près de l'entrée, vu qu'ils sont énormes. Va falloir du personnel pour dégager tout ça...

                                             Gisement d'obélisques garanties d'époque

samedi,24 septembre 2011

Détartrage

24/09/2011 Chez Irène avec Didier, Christine et François (GSO-GSG-GSVO)

Je passe prendre Christine de bon matin, Didier nous rejoindra plus tard car il a quelques occupations qui le détournent de l'objectif du jour : poursuivre notre descente vertigineuse dans Irène!
Petit café, sac prêt dans l'entrée, 
- "je vais prendre ma barre à mine, ça peut servir"
Effectivement, ce que j'avais pris pour un gros bâton de noisetier n'est autre que la barre à mine de Christine...
- "euh, tu crois que tu pourras l'utiliser?" (elle est plus haute qu'elle...)
- "oui oui!" 
Je ne dis rien, il faut bien qu'elle fasse son expérience, qu'elle se rende compte que, vu la hauteur, elle ne rentrera même pas dans le trou... et même si elle y parvient, vu le poid, c'est pas gagné... mais bon hein, c'est une fille, la désob... elle se rend pas compte.
 En attendant, j'arrive difficilement à la loger dans ma voiture (la barre à mine). D'ailleurs moi aussi, j'ai apporté mon instrument (a Grosse Berta!) et je sais que ça ne sera pas facile. Il s'agit d'une masse de 4kg avec un manche de fibre de verre jaune de 100cm. C'est cette dernière caractéristique qui m'inquiète...
Ceci fait, direction le doux petit village de Camou où il fait bon désober. 
                                Christine et son étal de cailloux
La dernière fois, nous avions mis en place un front de taille dans la roche pleine car sur l'autre paroi, ce sont des lames enrobées de glaise : difficile à casser. Il y a quand même cette lame qui forme un pont... elle est bien dégagée, je vais essayer ma Grosse Berta.
- " 'tain, j'ai pas assez de place! (longueur du manche)
J'arrive à appliquer quelques rares impacts mais au prix d'un calcul de trajectoire pas possible qui fait que je n'ai aucun élan. Je sens en moi la frustration qui monte.
- "m'énerve cette lame, vous avez une scie à métaux?"
- "euh, oui"
- "tu peux dire à Didier de l'apporter svp?"
Ça déménage

En attendant je continue à me faire chi...
- "et si tu perçais avec une grosse mèche et que tu introduisais la pointerolle pour faire éclater?" petite voix me parvenant au fond de mon trou. Inspiration divine (qui a dit intuition féminine??)
Je m'exécute et, finalement, c'est pas mal. Le pont de calcaire qui résistait encore et toujours à mes arguments brutaux semble plus sensible à ceux là... Nous répétons une ou deux fois jusqu'à l'arrivée de Didier.
Le temps de faire la bise et j'entreprends une réduction de moitié du manche de la masse. Et après...
... et après, c'est la valse de la Grosse Berta : en deux coups, le pont de calcaire demande grâce, et pour cause, il n'y en a plus parti! Dispersé! Confettis...
- "non mais... sans blague..."
            Bon alors : le fil rouge sur le fil rouge...

Me sentant quelques lassitudes, danser avec GB, ça marque, je laisse Christine poursuivre le labeur, surtout qu'il n'y a plus rien à casser.
- "tu peux me passer la barre à mine stp?"
- "mais bien sûr..." (je rigole)
Et voilà que Christine entreprend une nettoyage des lames façon détartrage. Elle utilise sa barre comme un cure dent, débarrassant les interstices du bourrage alimentaire, en l’occurrence, de l'argile. Finalement elle met à nu deux lames sur toute leur hauteur, envoyant la terre vers le bas. Du coup, nous avons une super vision du chantier.
- "ouais, finalement, c'est pas mal ton truc"
Déjà que les femmes avaient investi certains domaines de la spéléo, jusqu'ici, elles se cantonnaient au paramédical, à la gestion de surface, à l'enseignement mais... la désob!
Un pan de nos mâles  prérogatives vient encore de tomber... Un instant je suis abattu, mon regard vide plane sur la paroi sale, les éclats de karst,  jusqu'à se poser sur le corps élancé de la Grosse Berta... 
... mon oeil se remet à briller. Bon sang mais c'est bien sûr, valser avec Berta, voilà ce qu'il nous reste! 
                                                                                     Didier à la mine

C'est donc le coeur rempli de joie que j'entreprends de massacrer ces lames qui font rien qu'à nous embêter. Même Didier, d'un naturel pourtant si doux , met en pièce la dernière lame calcaire.
- "Bon, c'est pas tout, faut sortir tout ça!"
Christine, encore elle, a tout prévu. Corde, anneau, palan et hop, on sort un mètre cube de menhirs en tout genre.
Du coup, ça descend vite.
- "dis Christine, tu me le prêtes ton cure dent?"
Et hop, je poursuis le nettoyage à l'opposé du courant d'air car il y a du vide la dessous. Soudain, le chantier se met en autodézob* et fini par obstruer le passage.
Il se fait tard maintenant, nous gardons ça pour la prochaine fois. avant de partir, Christine tente sa pointe.
- "je passe, mais je ne suis pas sûre de pouvoir remonter"
- "Garde en pour la prochaine"
Finalement nous avons descendu pratiquement 4m de méandre et il reste encore 2-3 mètres pour prendre pied au fond du méandre.
Une bonne journée pleine d'enseignement comme dirait Michou
A noter la visite de Paulo et François Demiguel qui, ayant annulé leur sortie canyon, découvre la dézob.
*terme spéléo pour dire d'une façon plus courte que "tout se casse la gueule"
 

lundi,29 août 2011

Irène : à coeur ouvert

28/08/2011 Grotte Irène avec Dr Marion assisté de Mademoiselle Christine, infirmière et Monsieur François masseur*-kinésithérapeute .

Ce jour, l'équipe de garde aux blocs vers 12h.

                                                                    préparatifs

Les précédentes interventions ont permis de préparer la voie d'abord. Sur la droite gît un tas de calculs qui obstruaient l'artère qui devrait nous mener au coeur de la rivière Maddalen.

Mamzelle Christine dans sa tenue de service

D'entrée, nous sommes confrontés à un problème technique : 

- soit nous abordons la paroi qui présente de l'argile, celle que nous enlevons depuis le début. Cette argile s'intercalant avec des lames de calcaire, nous nous trouvons en présence d'une texture ni dure ni molle, rendant le "nettoyage" délicat

- soit nous abordons le méandre par sa face pleine

                                                                                           Plan "large" sur le chantier

La pose d'un premier "Stent"** dans une lame se solde par une odeur de cautérisation prouvant que l'ustensile a bien fonctionné mais qu'il y a eu une fuite (fissure ou trou ayant transpercé la lame???)

Nous changeons donc d'instrument, pour passer à la massette Stanley 500G à manche en fibre de verre. Le résultat est correct mais demande un gros apport d'énergie de la part de l'opérateur. Une masse un peu plus "massive" sera apportée la prochaine fois.

Nous décidons d'abandonner cette voie d'abord pour la pose d'une série de 5 Stent sur la paroi dite "pleine". Résultats encourageants.

L'équipe en contre-plongée

A l'issue de cette séance, mademoiselle Christine réussie  à s'insinuer dans l'orifice sur... 50cm. Un peu de première pour elle, une grande avancée pour la connaissance du milieu karstique de la région de Camou.

Le coeur léger, fiers du devoir accompli, nous passons à la salle de garde faire notre rapport.

TPST : 4h22

                      Parfois il faut savoir obstruer pour bien désobstruer...

* celui qui utilise la masse

** petit instrument fort utile qui, par son action de dilatation, permet un meilleur transit spéléologique dans les boyaux***.

***  il est utilisé aussi en médecine pour dilater les artères coronaires

Merci au GSVO pour son soutien logistique (perfo)

samedi,13 août 2011

La dézob dIrène

13 Août 2011 on a rendez vous dans les hauteurs de Maddalen pour dézober Irène… Beau programme. Après une route faite de détours à cause des p……n de f…s b….e de mes c…. s on arrive au lieu dit et on trouve notre François déjà affairé à faire une pété. Pschiiit… caramba c’est raté… Ma que pasa !

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Tant pis on va s’y reprendre autrement. Jean- Loup se glisse dans l’entremise d’Irene et en sort quelques beaux spécimens aidé de François pendant que je prépare le feu pour le menu du midi (petites truites de branca cuite au feu de bois).

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Rotation des équipes je file voir ce qu’Irène a dans le ventre, ça fait du bien de se retrouver dans ce petit endroit...

...confiné

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Bon revenons à la réalité ! Faut dézober, ça souffle, on creuse. Après plusieurs seaux ça se précise, on est sur un charnier de bête étranges grandes pattes, petite tête… Qu’est ce que ça peut bien être ?...Si certains on des idées qu’ils les postent. Bref, sous l’ossuaire le graal ! enfin nous arrivons sur la partie haute de la perte imaginée à juste titre par les découvreurs (Ph et Jean-Loup), une partie concrétionnée, bien formée par l’eau, magnifique, laissant entrevoir par une fente de 15 cm une première partie tombant sur 3 m et plus si affinité lorsqu’on laisse choir un caillou qui disparaît en faisant des poc poc qui annoncent une suite. Oui mais bon va falloir en faire des week ends de dézob. On tente l’extraction d’une dalle obélixèse avec une corde, finalement on la fera plus fine (4 beaux morceaux après un joli bruit). La Irène, elle va nous voir souvent.

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Après avis techniques de l’équipe du génie spéléologique, définition de la stratégie à adopter, rangement du matos, petite glute bien méritée et retour par la jolie route sans ces p……n de f…s b….e de mes c…. s. Objectif fixé par Michel dans son mail (-10m) Objectif atteint -10m… enfin en visuel.

TPST A LA LUMIERE DU JOUR 7h

Merci au GSVO pour son soutien logistique (perfo Hitachi)

samedi, 6 août 2011

Maître 3

06/08/2011 chez Irène

Août, le soleil, la plage, les départs. Oloron , ville peu animée, nécessiterait pour le coup, une réanimation...

Les confrères? A plus, sont partis je ne sais où. En Espagne, faire leur pèlerinage au Lépineux, plonger, pêcher, bêcher, bronzer, loin... Je suis seuuuuul!

Je relève ma tête d'entre mes mains et je remarque qu'il fait beau quand même... Piske c'est ça j'irai bien voir Irène. Je pense à elle de temps en temps. Quand PH et Jean-loup me l'ont présentée, j'ai flashé, c'était, il y a trois an je crois?  Nous avons commencé à l'entreprendre, tout beau, tout nouveau et puis, nous sommes passés à autre chose (je ne me souviens plus quoi)... l'inconstance des homme... Je n'entrerai pas dans les détails parce que je ne saurais dire... elle a un petit, une sorte d'espèce de truc qui me dit qu'elle n'a pas tout dit. Bref, faut que j'y retourne.

Direction Camou. Je vais faire mes civilités auprès de Battitte, et je l'informe que je vais voir une entrée que nous avons repérée sur l'axe de la faille de Camou. L'entrée en question n'a rien de bien attirante, des branches barrent le passage et des feuilles ont fini par recouvrir le dernier tir que nous n'avions pas dégagé. En mars ça soufflait. En août, ça souffle toujours.

Irène après une petite toilette

Allez hop, au boulot! Fort de l'expérience de la désob de Maddalen (cf les circonstances de la découverte), je me mets dans la position dite du "héron faisant semblant de dormir pour que le poisson croit qu'il dort alors qu' il ne dort pas" je fais le vide dans ma tête, respiration abdominale, seau, décacholeur, pelle à charbon... je ne pense plus, je n'ai plus d'intention, je deviens la pelle, le seau...enfin, je deviens le décacholeur (c'est le plus dur car il a un bout recourbé). Devant moi, la terre, la pierre. Derrière, rien! Merde, faut pas que je pense au vide qu'il y a derrière sinon il sera plein. Vite, je fais le vide. Putain, c'est dur la maîtrise du mental. Heureusement, mon Maître me soutient, il va venir.

Quatre ou cinq heures plus tard, il est là, devant moi : un bon mètre cube de bonne terre et de cailloux de 8X7 de 5X4 de 17X12 de 45X36 de 25X12 et puis de 4X5 et pour finir de  2X6.

                                                      Portrait de mon Maître 3

 Il y a la Grande Muraille de Chine, le mur d'Adrien, le mur de Berlin, désormais il faudra compter avec le mur d'Irène me dis-je in petto.

                                                       Le Mur d'Irène

Heureux du devoir accompli, je me dirige vers mon véhicule. Je sens ma tête vide, seul mon corps est présent, mon sterno-cleido-mastoïdien est complètement enraidi par le courant d'air, mes triceps sont comme des pierres, mes genoux sont sur les rotules, mes reins ne se souviennent plus du mot vertical, j'ai faim, soif. En peux plus moi....

Le résultat? Je peux pas vous dire, car j'ai fait le vide... Merde je l'ai dit! Euh non...

...mais je vais y retourner.

                                                            L'Hêtre des bois

Non ce n'est pas un ballon sonde. Il s'agit de l'être de ses lieux et sa progéniture... ou son garde-manger?


mardi, 5 avril 2011

Laisse Béton !

Zang-Lu et François, secteur de Guiche, le 03 avril 2011

Pendant que les pros explorent Maïalen, tandis que la science rejoint le mythe dans les Arbailles (mais est-ce bien surprenant ?), me voici, plein de paresse et sans espoir, un dimanche pluvieux en route vers Guiche…

Il parait qu’une grotte, là-bas, s’est vue sacrifiée sur l’autel du développement durable qui dure longtemps : Le béton.

La farge ? Holcim ? Cemex ?

Ciments de l’Adour. Bon, d’accord, ça fait moins mastodonte exterminateur, mais quand même… A Guiche, la carrière a dévoré la grotte de Lorraine.

Aujourd’hui, la carrière est abandonnée et c’est désormais une jolie plage où quelques basques apprennent à nager, fument quelques joints au bord de l’eau et parfois plongent du haut de l’ancien front de taille.

Nous nous arrêtons sur un parking, près de la ferme Lorraine…

-          Tu crois que c’est fait exprès ?

-          Ben quoi ?

-          Guiche Lorraine !!!!

-          Ah… Euh... Super.

Nous voilà partis sur un chemin neuf sous la pluie pour trouver une grotte qui n’existe plus. Un peu plus loin, un ruisseau derrière un rideau de ronces.

Nous persévérons.

Demi-tour, nouvelle tentative. Il faut suivre le ruisseau.

La grotte est toujours là, aussi trempe-cul que l'ont connue nos pères!


Photo, GPS, joli trophée.  Comme quoi, les légendes ont la vie dure ! Une grotte n’est pas morte, des spéléos l’ont enterrée, nous l’avons ressuscitée !

La journée, maussade, s’éclaircit. Nous décidons d’aller jeter un œil à quelques sources répertoriées sur la carte et que je sens caverneuses… Il y a une perte indiquée derrière le village, et j’ai repéré des sources en aval… Je me dis que là, dans ce coin là, il y a un truc qui sent le phénomène karstique.

François branche un drôle de gyrophare, il paraît que c’est un GPS ??? Enfin bon, j’ai une pastille aimantée sur le toit de la voiture, un portable avec carto exploreur en fond d’écran avec une flèche rouge qui nous indique notre position en temps réel… Je prends un virage un peu vite, la flèche nous dit qu’on roule dans le champ…


Pas grave, on a le 4x4. Deux lacets plus loin, là où je disais qu’il y aurait une résurgence, nous découvrons une belle falaise calcaire ! On descend, il y a de l’eau, un coq se tape une poule, soyons de la fête !















Là,  tandis que le poulet besogneux me fascine, François n’a d’yeux que pour cette faille si bien dessinée où je décide de me fondre.
C’est pénétrable, il faut plonger.

Sauf que plonger, nous, ben on fait pas.

OK. On va plus loin, on monte à la perte au-dessus, à 400 mètres de distance.

L’endroit est joli, et bien qu’il n’y ait pas d’eau, nous marchons dans un parterre de nénuphars… Enfin… De grosses plantes bizarres avec de jolies fleurs qui y ressemblent un peu…

Un effondrement se dessine, 20m de diamètre et au fond, sous les barres rocheuses, de l’eau et une plage… Ce qui sort là se met en charge avec violence. Descente, « olé olé », genre on prend la corde en chanvre qui reste dans la voiture depuis si longtemps… Sauf qu’on fait sans!

-          C’est top, mais c’est pas la perte, y a pas d’actif. On va voir plus loin.

On remonte, on marche un peu, on redescend et là on trouve un actif qui plonge. C’est glauque et pollué. Je me place près du cloaque et nous mesurons la hauteur d’eau visible quand le site se met en charge. 1,70m.

-          Bon, on va voir plus bas, à côté de la maison plus loin, on dirait qu’il y a une autre perte… Peut-être un accès ?  Nous repassons près de la voiture, 10 m en aval, nous entendons un bruit d’eau. Il y a un bel effondrement à notre droite, mais celui là n’est pas du tout indiqué sur la carte.

-           - Merde, encore un trou ? Mais c’est pas la perte que tu vois sur la carte ?

-           - Non, c’est un autre bousin là.

-          -  Euh, c’est gros Zang.

-           - Allez, je prends le casque, la machette et on y va.

-           - Fais gaffe, c’est une décharge.

Nous descendons un abrupt d’environ 20m pour tomber au fond d’une sacrée doline. Des bidons, des ferrailles, il y a même une moto… Et derrière, un porche où la flotte s’engouffre avec fracas.

Je m'engage un peu, le passage est obstrué par des tôles et des rondins de bois...

Faudra déblayer.

-          Oui, allons voir d’où l’eau sort, ça doit être aussi gros.

Effectivement, l'amont est pas mal non plus...

Ma botte prend l’eau, mon pantalon est méconnaissable, mais le porche qui s’offre à nous invite à la débauche. Je m’enfonce de quelques mètres dans une galerie concrétionnée qu’un siphon occupe.

-          Ben là c’est encore pour des plongeurs… On reviendra avec des néoprènes, des fois que ça passerait !

-          Mouais… Y a plein d’eau quand même, et c’est bas de plafond !

2 heures à Guiche, un dimanche de pluie… Une belle moisson !

ZANG-LU



samedi,26 mars 2011

Les secrets de Maddalen

26/03/2011 - Plongée à Maddalen avec Fredo Verlagué, Eric Gelos, Brice Maestracci, Mathieu ?, Mathieu Rasse, Charles Piau, et François Ichas

Du monde en ce beau jour de printemps pour poursuivre l'explo entrevue le weekend dernier par Fredo. Il y a trois plongeurs donc, il faut du porteur. 

                                           Par où tout commence

Il est prévu que Fred fasse la pointe, pour cela, il a préparer sont file d'Ariane avec amour la veille. Il voit large : 

- "la dernière fois, c'était arrêt par manque de fil (j'avais pas prévu que ça donnerait), cette fois j'ai pris un peu plus. Soyons fou : 100m!"

- "tu aurais pu prendre 200 non?"

- "non, c'est toujours dans les cas où on débarque avec le max de matos que ça queute"

- "tout a fait raison, j'ai fait la même expérience, il faut y aller avec humilité, pas y aller comme si c'était gagné d'avance"

- "un peu comme avec les dames?"

- "ah ben oui, c'est ça..."

                      Content d'être sorti de l'entrée

Brice s'occupe de faire  l'escalade  dans l'inter-siphon assuré par Eric. Charles flashe et filme le max, Mathieu et moi faisons de la figuration... sauf pour le portage. C'est bref mais brutal.

Comme nous avons deux bonnes heures devant nous, nous retournons au soleil puis, direction un trou que nous avions commencé à désober sans conviction en 2008. Irène y s'appelle. Nous n'avions même pas pris la peine de dégager les blocs du dernier tir. Quelques branches barrent le passage, souvenir de Xinthia. J'enlève quelques cailloux : 

- "y a du zef là"

- "il est bien placé ce trou sur l'amont de la fracture que la rivière Maddalen emprunte"

- "je le sens bien moi ce trou, par contre, il y a du boulot"

                                          Frédo prêt à plonger...

Nous poursuivons le périple pour aller voir l'entrée d'Aphanicé. Rassurez vous, nos notions de géologie ne sont pas extraordinaires mais pas à ce point. C'est simplement pour voir le boulot qu'il y aurait à faire suite à l'éboulement de l'entrée.

Casse-croûte ventilé et on redescend. Nous arrivons juste pour le résultat des courses, Brice est en train de haler le matériel en haut du P14.

Frédo et son dévidoir à sec

- "alors?"

- "tu veux la bonne nouvelle ou la bonne nouvelle?"

- "commence par la bonne..."

- " il a fait 100m dans du gros avec arrêt sur manque de fil!"

-" whaou! il remonte?"

-" il est passé à un point bas, -22m il est remonté à -8m puis arrêt à -14m"

Entre temps, Frédo arrive : 

                    Notre grand reporter : Charles

- "l'autre bonne nouvelle c'est que j'ai rencontré l'endroit où l'eau chaude et l'eau froide se mélangent! Dingue. Quand on plonge, on est dans une eaux qui résulte du mélange des deux eaux, pas très froide, un peu trouble mais en allant vers l'amont, j'ai senti l'eau chaude qui arrivait du bas puis en poursuivant vers l'amont j'ai "émergé" de cette "couche" d'eau mélangée pour arriver à l'eau froide qui est très claire et froide. J'ai eu l'impression d'être sorti à l'air libre tant la visibilité est excellente! extraordinaire!"

- "et après?"

- "et après, c'est toujours gros et... arrêt sur manque de fil!"

Frédo a les yeux qui brillent

             Alors, c'est comment? Gros et large!

Nous terminons l'aventure du jour chez Aguer où Battitte est tout heureux de la nouvelle.

-" c'était mon rêve de trouver où ces eaux se mélangent."

Comme diraient les indigènes : 

"C'était un bon jour pour faire de la première"

            Jacuzzi pour Brice et Mathieu

                    résurgence dite " du mitigeur"








TPST : pas très longtemps

dimanche,13 mars 2011

Ex EX?

13/03/2011 EX25 avec PH., Mathieu et François

Une sortie 100% Géessegé avec le Péache, ça faisait fort longtemps. 

L'objectif du jour et de finir de terminer le deséquipement de l'EX : récupérer une C90 en haut du P14, faire un bout de topo de rien du tout et aller se boire une bière à Tardets.

En ben, nous n'y sommes pas arrivés.

Ne ricanez pas, ce n'est pas parce que : 

1/ Mathieu s'est éclaté son deuxième ménisque : il a franchit gaillardement, mais avec finesse tous les obstacles qui le séparaient du haut du P14

2/ PH s'est éclaté son ménisque à lui : non, depuis qu'il fait de la marche nordique tous les matins, son genou se régénère de jour en jour

3/ François a trouvé une bonne raison de continuer à ratasser dans ce trou de m...??: même pas

... non, c'est la science qui nous a détourné de notre but initial que nous avions prévu au début .Je m'explique. D'abord, j'ai oublié le matos topo dans le coffre de la voiture, ce qui ne m'était jamais arrivé! D'après Péache, ça serait un acte manqué... Mais ce n'est pas ça qui allait nous arrêter. Nous décidons d'utiliser une technique de réchappe. Et oui, ça existe aussi en topo. 

Je vous explique : la technique est basée sur les statistiques et les probabilités. Pour cela, plus on est nombreux, mieux c'est. Ca tombe bien, nous sommes nombreux aujourd'hui. Alors voilà, j'en vois qui vont "s'escaner" mais bon, ça fait parti de la mathématique aussi.

 Dans un première temps, chacun évalue la distance, pente et azimut dans sa tête puis on met nos relevés en commun et on fait la moyenne. Et bien, ça marche : il y en a toujours deux qui trouvent pareil donc c'est eux qui ont raison et l'autre qui a tout faux. Seul inconvénient, il faut garder les résultats en tête et là, sans carnet, c''est pas facile si la topo est un peu longue. Le premier tronçon est fait sans problème. Par contre le second est plus long, avec des puits et comble de malchance, un des instruments de mesure nous lâche : Mathieu à besoin d'aller "poser un kern" et de se sustenter (ou l'inverse)... et il nous manque 3m pour arriver en bas du dernier puits (branche de gauche en rentrant pour ceux qui connaissent).

Nous devons prendre une décision : on laisse tomber car on a plein de bonnes excuses, ou on revient pour finir ce bout de topo?

Vous nous connaissez, pour la science, rien ne nous arrête. 

- "on laisse la corde pour la prochaine fois"

- "ok, elle est à qui cette corde?"

- "voyons voir... au GSVO"

- "y a pas de raison qu'ils ne fassent pas de sacrifice eux aussi"

TPST : 4h18

PS : conscient que cette technique pourrait choquer, cet article ne comporte aucune photo

dimanche,13 février 2011

Nous entrerons dans la rivière...

Réseau Etchanko Zola le 13/02/2011 avec Maryse, Jérôme, Mathieu, Sébastien, Cédric, Gwen, Edith, Jean, Lionel, Olivier et François.

Une sortie particulière par bien des aspects : 

- aspect scientifique, nous allons récupérer les deux derniers Sensus. 

- aspect éducatif : Mathieu sort ses élèves

y a foule!

- aspect initiatique : nous allons guider la génération montante (le comble pour des spéléo...) sur le lieu de nos exploits ( avec l'espoir secret qu'ils reprendront là où nous nous sommes arrêtés il y a quelques années...)

- aspect inter-club : GSGaves et SSPPO les deux clubs de Pau qui voudraient bien se pacser mais qui n'osent pas, alors on sort quand même ensemble... mais on dort pas ensemble...

- aspect retour aux sources (ou rééducation??) pour Jean qui revient dans ces galeries qu'il a tant de fois hantées... et pas toujours avec du soleil comme aujourd'hui...

- aspect artistique : Mathieu veut tester son nouvel appareil photo

- et puis... on est nombreux, et c'est même pas un secours, ça c'est rare!

Gwen entre dans la rivière alors que ses aînés y sont encore... ( Gwen, tu peux pas comprendre, demande des explications pour ce trait d'humour irrésistible auprès de ton aîné...)

Bon, tout se présente bien. Soleil, on est dans les temps, du monde sympathique, motivé, on a tous notre matos (pas toujours adapté mais bon...). On est bien, on a même la clé.

Notre Saint Pierre avec les clés du Paradis...

- "bon alors qui va au fond?"

Jérôme désigne les volontaires et...

- "on est 6 avec toi"

- "le groupe de Mathieu va récupérer le Sensus qui est dans l'aval d'Etchanko puis quelques photos, toi et moi on va récupérer celui qui est dans Harrixabaleta avec mes p'tit gars".

Oui parce que là, la SSPPO est en nombre (comme les CRS quand ils viennent aux exercices secours), ça rigole pas.

J'explique pour la nième fois le système des rivières, surtout pour Jérôme afin qu'il m'épargne le traditionnel : 

- "mais... quelle rivière???"

Lionel dans le passage de la Planche

Cédric découvre la montée vers le shuntUn président rayonnant...

Comme d'hab' vient le moment où on cause des pontos :

- " qui a une ponto?"

Silence

- "qui a une Néoprène?"

Cyril a une Néoprène, et en plus, il la prend. Sauvé, je peux sortir ma ponto sans passer pour un délicat.

- "de toute façon, il n'y a qu'un pas..."

Je rappelle à Jérôme que ce coup-ci, Sébastien ne pourra pas le porter car c'est bas du plafond.

- "hélas..."

Jérôme dans le P25 qui en fait 15...

Et c'est parti! Ca va vite car nous y allons les mains dans les poches. 1h30 plus tard, la salle des Pontos. Petit casse-croûte flash et 20mn plus tard, c'est parti dans la zone aquatique où il faut faire des oppos au raz de l'eau avec des stalactites qui vous descendent entre les omoplates : chaud! J'entends des rires nerveux, des commentaires, des exclamations.... Je vois bien que ça ne les laisse pas indifférents. Ils sont conquis (je pense) et encore, ils n'ont pas tout vu!

Gwen en bas du P25 qui en fait 15

Maintenant, c'est la banquise de mundmich sur laquelle il faut ramper comme des phoques. Très agréable, et enfin... le dessert : l'Etroiture d'Aussurucq! Du mois ce qu'il en reste depuis que Michou l'a rectifiée à mains nues. On ne sait pas comment il a fait. Ceci dit, elle a encore des qualités comme dirait le Péache. Donc, il faut s’asseoir dans le cuvette de mundmilch remplie d'eau de source à température, s’immiscer entre les deux blocs en expirant le maximum afin de diminuer la largeur de la cage thoraccique, petite poussée vers le haut, et hop : a y est! Facile

Après, remonter entre les blocs puis plonger rapidement à nouveau vers le bas

- "raté, je suis allé trop haut..."

Jérôme dans le passage de la symphyse

Et c'est à nouveau grand, puis très grand. Comme c'est varié! Puis à nouveau la rivière où là, on peut rester debout. Le beau lac au passage, le ressaut de la Mort (tient, il y a un spit maintenant??) la lucarne et nous arrivons dans la salle terminale encombrée de dunes d'argile de décantation qui sentent bon la mise en charge. Et là, dans un coin, notre vaillant petit Sensus qui a fait son boulot sans rien dire (après récupération des données, il s'avère qu'à cet endroit, l'eau monte de 30m... glups).

Salle des Pontos, Cédric a chaud...

Petit historique de nos explos. On sent que ça les démange d'aller voir plus loin mais bon, c'est une sortie du dimanche.

Donc, virage à 180°et on y va : même chose, mais en sans inverse.

 Nous n'avons pas de montres mais, grâce à Olivier, nous avons une notion du temps qui passe : il suffit de regarder son équipement (salopette de pêche aux moules, Pataugas de la dernière campagne d'Afrique, T-Shirt, etc.)  qui se délite progressivement. Quand il se retrouve en slip, nous savons que la sortie est proche...

Petite collation

TPST : 6heures

Mathieu et son équipe se sont acquittés de leur devoir. Jean a même guidé deux petit nouveaux dans le cours principal alors qu'il pensait ne plus savoir se servir du descendeur...

Épilogue : Enchanté par sa sortie, Jean paye sa cotisation en suivant! (au lieu de la payer en juillet en trois mensualités ...)

Contents!

dimanche, 6 février 2011

Prospection sur les terres de Maître Zang Lu

06-02-2011 Biriatou et Aldudes avec Zang, Karine et François

Les Pyrénées-Atlantiques sont vastes et, ce week-end, je décide d'aller visiter le Baron de la Coste en son domaine des bords Atlantiques.

Se remettant de l'attaque sournoise d'un flegmon qui planait au dessus de son castel (il ne pouvait plus ni manger, ni boire, ni parler... autant dire que c'est un ressuscité que j'ai devant moi), nous prenons, en guise de rééducation, la direction de la Redoute de Biratou. Il s'agit d'un monticule qui résiste encore et toujours aux envahisseurs qui ne sont point les Espagnols mais ce monde de technologies, aseptisé qui peu à peu nous dévore. Tel une ultime citadelle, cet opidum de calcaire brave l'autoroute qui passe à ses pieds, une énorme carrière qui le ronge au sud  et l'urbanisation sournois qui lui grimpe sur l'échine en son nord.

                                                   Bamako? Non, Biriatou...

C'est avec respect et considération que nous nous aventurons sur ce lieu d'un autre âge. Pour l'occasion, nous sommes équipés de tout le matériel nécessaire pour aller dans de telles contrées (4X4 Misubichi, 4 cylindres en ligne, double valve, turbo Intercooler, jante alu 25 pouces, allume cigare, GPS Triton de chez Magellan, PC portable avec cartes IGN embarquées, carte IGN au 25/000 format confetti, bottes, chapeau, portable Nokia 5200, oreillette Bluetooth, je crois que je n'oublie rien ). Au Gessegé on est pas des amateurs.

Alors là tu vois, c'est un trou...

Après avoir fait hurler les 150Cv de son katkat sur la piste terreuse qui nous mène, 50m plus loin, au pied de la Redoute, nous débarquons en bon ordre après avoir habilement dissimulé le véhicule sous les branches basses d'un chêne. Rapidement, nous localisons notre premier objectif : le petit gouffre de la Redoute. Photo, coordonnées, Zang fait un descente de reconnaissance.

- "euh, ça continue, mais c'est pô large. Faudrait une corde"

Mince, on a oublié la corde...

           L'entrée du Grand Gouffre de la Redoute Louis XIV

Nous poursuivons notre prospection en direction du grand Gouffre que nous connaissons. Photo, coordonnées et c'est bon. Nous continuons en direction du sud mais sans grande conviction car, avant de partir, nous avons étudié la géologie et comme nous sommes à la rencontre de deux couches : 

l'une étant du Coniacien-Maastrichtien : calcaires, flysch marno-gréseux, marnes conchoïdes de Bidart

l'autre du Turonien-Maastrichtien : Calcaires et marnes de Bidache, flysch autant vous dire que nous en concluons la même chose que vous... Petite virée au dessus de la carrière et nous abandonnons le terrain.A nos pieds, l'autoroute et son bourdonnement incessant. 

      Contrairement à l'idée rependue, nos ancêtres n'avaient pas inventés que le barbecue

Alliant l'utile à l'intérêt, nous prenons la direction des Aldudes qui ont la particularité d'être calcaires et de se trouver à cheval sur deux pays dont l'un vend les cigarettes moins chères que l'autre. Visite des grottes de Sares (de loin car il faut payer) puis d'autres grottes dont on ne connait pas le noms et d'ailleurs, on ne sait même pas si nous sommes en France ou en Espagne...

L'une des pertes d'Udax

C'est alors que nos estomacs se manifestent, il est temps de trouve de quoi subsister jusqu'à la fin de ce jour. Nous prenons donc la direction de Zugarramurdi (pas sûr du nom) où nous trouvons une taverne qui nous fournit une belle assiette de fromage jambon (avec le fromage qui ne touche pas le jambon paske Karine n'aime pas le jambon mais comme je parle pas très bien l'espagnol la serveuse n'a pas compris qu'il  ne fallait pas que le jambon touche le fromage du coup nous avons droit à une belle assiette avec du jambon qui chevauche le fromage et bien que nous nous empressions de faire cesser ce coït Karine s'aperçoit de la manip mais ne dit rien). On peut manger.

Perte fossile

Après cela, direction Urdax, un coin karstique où se trouvent des pertes et une grotte touristique que Zang a repérée. Comme je suis le seul à parler espagnol, c'est moi qui demande à la personne qui sort du champ où se trouvent les pertes, si nous pouvons pénétrer dans l'enceinte. La personne accepte sans difficulté. Ce que je m'exprime bien quand même, je suis content... jusqu'à ce que je réalise qu'il m'a répondu dans un français impeccable... Passons...

Nous pointons deux belles pertes + une perte fossile dans laquelle Zang et Karine font une petite virée. Plus loin, la grotte qui se visite. Suivant sont intuition Jean-Loup nous propose d'aller voir de l'autre coté de la colline où nous trouvons, une belle résurgence avec du courant d'air. Du coup, il la remonte sur une centaine de mètres avant d'arriver dans la partie aménagée de la grotte! Ben ça lors. Voilà un ensemble qui pourrait parfaitement illustrer la circulation de l'eau dans un karst. Nous prenons quelques renseignements auprès du guide fort aimable qui nous indique deux autres grottes archéologiques...

                                                  La belle résurgence

Mais il se fait tard. Beau coin en tous cas.

samedi,22 janvier 2011

Le troisième Laron

22/01/2011 - EX25  avec Sébastien, Jérome (SSPPO), Régis (GSVO) et François (GSGaves)

En ce jour de Janvier, une fenêtre s'ouvre à nous : pas de pluie, plus de neige et quelques gaillards disponibles et même, partant pour l'EX! Les Dieux seraient -ils avec nous ce coup-ci?

Coup de fil la veille : nous sommes 6

Samedi 8h45 : nous sommes 4...

M'en fiche, même à deux c'est jouable, alors 4... c'est Byzance!

Arrêt chronométré pour aller dire bonjour à la boulangère de Lanne, et accessoirement lui acheter quelques croissants et zou!

9h30 (sans doute) : parking de l'EX. Fait pas chaud, moins quelques chose qu'on préfère ne pas savoir. Rapide discussion pour savoir si nous apportons tous une ponto. Ceci intéresse particulièrement Jérôme qui n'en a pas...
- "bon alors, qui va au fond?"
- "moi je sais pas si j'y vais" Sébastien
- "c'est dommage, mais si t'y vas pas je pourrai prendre la Néoprène de Mathieu" Jérôme...
- ... "mais si tu veux y aller, moi je verrai"...
S'en suit une discussion stratégique d'une grande complexité mais, pour conclure : Jérôme ne prend pas sa ponto (puisqu'il n'en a pas) et il verra sur place.3/4 d'heure plus tard (sans doute), nous voilà au col juste avant de plonger dans la doline. Plus nous descendons, plus ça craque sous nos pas :
-"fait pas chaud"
C'est avec bonheur que nous arrivons devant l'orifice fumant de l'EX qui nous réchauffe de son haleine tiède.
- "huuùmmm, bon"
Descente sans encombre. Instant de recueillement à l'endroit où Mathieu s'est éclaté le ménisque. Nous retrouvons nos deux kits de matos à l'entrée de la galerie des Dolines et nous filons jusqu'à la salle des Cochons. Équipement sans problème, il y a du matos et pas d'eau.
Quelques temps plus tard (oui, nous n'avons toujours pas de montre) nous arrivons à la Salle à Manger où  nous nous accordons quelques douceurs, juste avant d'enfiler, une ponto ou une Néoprène glaciale. Il n'y a que Jérôme qui n'est pas emmerdé.
- "bon alors, tu fais quoi?"
- "bof, je vous accompagne jusqu'à la Plage, après je verrai..."
- "si tu veux, je te laisse la Néoprène..."
- "non, non..." et c'est reparti à se faire des politesses...
- "allez, on y va, faut conclure!"
Nous retrouvons l'aval de l'EX avec toujours autant de plaisir, puis c'est le collecteur. Pas trop d'eau cette fois. Dès le départ une ou deux vasques que Jérôme négocie avec légèreté puis balade les mains dans les poches en scrutant les plafonds :
- " c'est super beau!"
- " c'est plus beau que le Grand Canyon de la Pierre" moi, en toute objectivité
- " alors, tu regrettes d'être venu Sébastien?"
Une halte devant le petit toboggan qui avait arrêté notre raid avec Régis. Sans eau, on ne se douterait pas...
Arrive une série de vasques annonçant la Plage. Là nous aidons Jérôme car pas trop de prises. Il ne peut quand même pas empêcher une immersion jusqu'au genoux, puis jusqu'aux cuisses...
Sous le calcaire, la Plage! Toujours aussi belle.
Il s'agit d'une vasque dans laquelle on s'immerge jusqu'à la poitrine. Le sol formant une sorte de cuvette, tout l'art consiste à sortir sans glisser, ce qui serait fatal.
Là, Jérôme commence à mollir. Sa détermination s'émousse alors que la profondeurs des vasques augmente. L'éventualité d'une immersion plus poussée le... refroidit, on peut le dire.
- " on va tendre la corde qui nous sert à descendre dans la vasque de façon à avoir une main-courante"
C'est donc Sébastien, qui est le plus grand, qui passe en premier. Puis il tend la corde de façon à faire passer Régis qui est plus léger et qui a une ponto. Arrivé de l'autre coté de la vasque, il plante un spit et souque le tout. Ainsi Jérôme peut passer sans se mouiller les "choses de la vie".
Ce qu'on est rusé quand même!
Mais la Plage ne s'arrête pas là. Un bassin, moins profond mais d'une dizaine de mètres quand même, lui fait suite. Nous pourrions poursuivre la main-courante mais ça prendrait du temps et du matos qui nous est compté...
- "bon, là, le plus simple c'est que tu montes sur les épaules de quelqu'un"
- "tu crois?"
- "oui, oui"
Comme nous n'avons pas d'appareil photo, ça restera entre nous, Jérôme acquiesce . Aussitôt dit, aussitôt fait, c'est Sébastien qui s'y colle puisque c'est le plus grand. Et une fois de plus Jérôme échappe au bain de siège même si l'échafaudage est un peu branlant par moment.
Ce qu'on ferait pas pour partir léger au niveau matos...
Et ça repart de vasques en petits toboggans. C'est beau!
P7, corde, amarrages et chaque fois :
- "p'tain, celui qui est allé mettre le spit en bout de main-courante, fait'chier"
Comme il ne connait pas, c'est Régis qui s'y colle. Arrivé en bas, il arrive pas à sortir de la vasque dont les parois glissent... Galère.
Finalement, nous voilà tous les quatre au bord du siphon. Superbe! Sébastien regrette d'avoir laissé son appareil dans je ne sais quel trou. Du coup, c'est bête, vous auriez dû venir pour voir...
Le Sensus est toujours là, pendouillant au bout de sa Deynema dans 20cm d'eau claire, transparente, que dis-je... pire que translucide.
Le temps de farfouiller autour du siphon, de voir si par hasard on aurait pas oublié un petit shunt... Rien, si ce n'est une chambre à air bloquée dans une fissure en hauteur.
Nous reprenons le chemin du retour, chargé de notre précieux butin. Même opération qu'à l'allée pour Jérôme, mais on est rodé.
Le retour vers la surface se fait sans encombre mais pas sans encombrant puisque nous abandonnons un kit de matos + la corde de 80m en haut du P14. Faudra revenir.
A l'instant où nous émergeons de la cavité, nous sommes saisis par le froid. Vite vite, on se passe des vêtements secs... sauf Jérôme qui est parti léger, suivi par Sébastien. Pour ne pas mourrir sur place, les voilà partis comme des V2, Jérôme en tête. Vite, je rattrape la colonne. 3 minutes plus tard, je reconnais l'endroit  : c'est là que Jérôme nous avait perdu en 2009 lors du deséquipement!
- "stop Jérôme, c'est pas bon!"
Pour moi, nous sommes trop à droite, je pars donc vers la gauche mais, ça ne me dit rien. Une seule solution :
- "Jérôme, retrouve nous l'entrée!"
Nous utilisons la stratégie de la dernière fois : Jérôme retrouve, le trou, je cherche les repères et les autres font le lien entre nous. P'tain, ça m'énerve, on gèle sur place, c'est vraiment pas le jour, d'ailleurs, il fait nuit et je ne préfère pas savoir qu'elle heure il est.
- "c'est bon, je suis au trou souffleur que je vous ai montré ce matin!"
Après, ça roule, mais faut pas se rater les repères. J'imagine si il y avait du brouillard. Je pense qu'un GPS ne serait pas du luxe...
Descente qui n'en fini pas et nous arrivons au véhicules. Il est 3h du mat' et il fait -6°.

 TPST sans doute 12 ou 13 heures :  On est contents.



vendredi,31 décembre 2010

Faut conclure

31/12/2010 Mathieu Rasse, Jérôme Labat et François Ichas

Comme disent les souletins : "c'est un beau jour pour conclure!"

Difficile de trouver des équipiers par ces temps de fêtes mais, il y a toujours des exceptions : Mathieu revient de Dordogne, il a fait le plein pour les fêtes de Noël, Jérôme n'aime pas faire la fête en même temps que tout le monde et d'ailleurs, depuis 15 ans, il a toujours fêté le passage à l'année suivante... en dormant. Quand à moi, mes motivations seraient un mix de celles de mes compagnons... Et puis, nous avons une fenêtre météo, faut en profiter.

Préparatifs

Le personnel se faisant rare, nous décidons d'équiper la suite en 8mm, ce qui fait que nous nous retrouvons avec trois kits pleins à craquer quand même. Et c'est parti! Nous ne nous arrêtons même pas pour acheter  la chocolatine traditionnelle ou pour boire un petit café chez Maïté, c'est dire notre détermination!

11h 53, nous pénétrons dans l'orifice tout chaud (oui parce qu'il fait froid dehors et qu'un trou c'est un orifice... j'y peux rien moi). Instant solennelle pour moi en effet, au nom du géessegé un rituel de passation du savoir est en train de s'accomplir : la nouvelle génération va découvrir  l'EX!!! Petite larme au coin de l'oeil, souvenirs qui défilent à une vitesse vertigineuse : ma première communion, le 25m nage libre, le... mais, je m'égare.
                                        Le bas de la montée

- "François, tu passes devant, tu connais"
- "oui, allez, pour la dernière de l'année"

Main-courante glissante, petit puits qui ressemble à rien et, le P30. Descente, ça goutte aujourd'hui, bien même.

                                           Le milieu de la montée

Au tour de Mathieu. Je vois sa lampe, puis, plus rien (il obstrue le passage) puis ça lampe à nouveau : il est passé! Ouf, je n'avais rien dit jusqu'alors, mais c'était ma crainte. Il y a bien d'autres "bas-de-poitrine" qui sont déjà passés (Jean, Michou), des longs (Philippe Tresse, Jean-Marc Courbun) mais des grands longs, jamais. C'est une première! L'EX l'a accepté.

                      Derniers rayons de soleil de l'année

Oui, mais il n'est pas dit que l'EX soit un trou facile. Alors que nous progressons dans les premiers mètres du méandre Shick, je passe avec aisance "l'étroiture où il faut se vautrer dans la flotte" et hop, au suivant....
... au suivant qui n'arrive pô
... au suivant qui ne viendra pas :  Mathieu vient de se coincer le ménisque interne du genou gauche. Peut plus tendre le genoux. Je repasse l'étroiture et tente une manipulation du genou. Imaginez la scène en tenant compte du décor (le cabinet : 5m de haut sur 30cm de large, eau courante sous les pieds, tapisserie du Jurassique à Toucasia du plus bel effet Le patient : 20kg de muscle + la botte, et 1.20mètre d'envergure, cherchez l'erreur)... Bon alors, flexion rotation interne puis un retour délicat en extension rotation externe mais, bof. P'tain, si Péache était venu, il aurait su lui...

- "bon ben c'est râpé les gars"

- "de toute façon, vu la flotte, je suis pratiquement sûr que nous n'aurions pas pu aller au fond"

Oui, il faut dire que la doline est sous la neige et il reste des plaques à certains endroits exposés au nord. Le massif n'a pas fini de vidanger... la seule configuration météo a éviter à l'EX... En matière de fenêtre météo, faudra que je revois mes fondamentaux...
Bon, ben, même pas les boules. Je savais que ça ne serait pas si simple, et ça l'est, pas simple!
Jérôme lâche pas le morceau :

- "puisqu'on est là, on peut avancer le matos plus loin, ça sera fait"
- "pendant ce temps, moi je remonte tranquille" Mathieu
- "bon, OK" moi plus très emballé

le FG que nous avions gardé au frais...

Et c'est reparti avec un kit chacun, après avoir transvasé ce dont nous n'avons pas besoin dans un troisième kit qui lui remonte. Le premier méandre est vite avalé.

- "bon, on laisse la matos ici ou, si on veut l'avancer plus loin c'est la sortie du deuxième méandre"
- "ouais on fait ça" Jérôme toujours à fond

P22, ça frotte partout dans la première tirée. Jérôme me fait la remarque alors que d'habitude, il est pas du genre regardant...

-" je sais mais chaque fois on se disait que ce n'était pas la peine de planter un spit vu que c'était fini...)"

Puits de la vasque : on bataille car la corde  prévue est trop courte. On adapte la stratégie, on met une 20 (ou 30 mètres, je ne sais pas, je vois rien de près) à la place de la 10 trop courte.
P5 qui débouche dans la galerie des Dolines.

                                            Réveillon avant l'heure

 Bonjour et au revoir, on retourne dans ces foutus méandres. Sans kit c'est bien mais ça reste sportif...
Je me sens un peu stressé car je m'inquiète pour Mathieu, j'espère qu'il a pu passer l'étroiture du P30. Et si jamais il était bloqué... Gamberge...

Finalement, la voie est libre.Comme je lui expliquais mes craintes,  Jérôme passe devant et m'explique :
- "en fait, il faut y aller technique"
Quelques minutes plus tard, j'entends des grognements, des bougonnements, des raclements sauvages, des cris... puis le silence. Il est passé. J'entends ce qu'il veut dire par "technique".

Les derniers rayons de soleil quittent la doline enneigée alors que nous sortons. Fait pas chaud. Nous voyons les traces de Mathieu, il a dû allé se mettre au soleil. Il a piétiné un peu à l'écart pour aller poser un kern?
- "Non, regarde, on voit ses empreintes qui reviennent il y a un trou en plus : un bâton! Il s'est confectionné une canne."
 Tels des pisteurs des Arbailles, nous suivons les traces de la bête blessée.

                                        Il n'y a pas de petits plaisirs...

- "Il s'agit d'un grand mâle je pense"
- "oui dans les 90 95kg"
- "là tu vois, il a changé de main pour voir si c'était mieux"
- "ah! tu vois, ici la trace est moins profonde, il évite l'appui"
- "faisons gaffe, un animal blessé c'est dangereux..."
- ... "soudain, nous l'apercevons à travers les chachis, il a fait du feu, bonne idée"

C'est ainsi que, par ce 31 décembre de l'année 2010, nous nous retrouvons tous les trois autour d'un petit feu à réveillonner avant l'heure. Au menu : foi gras que Jérôme a apporté pour l'occasion (la buche sera servie un peu plus tard, elle est restée dans la voiture) plus quelques autres victuailles. Mieux!

Sachez que  l'EX n'est pas un trou facile, quoi qu'on en dise.

TPST : 4h

Une pensée reconnaissante pour le quatrième équipier : Maryse, pour toutes ses attentions gastronomiques qui nous ont réchauffé le coeur au bord de cette doline glacée par une belle fin d'après-midi du mois de décembre au fin fond de la Soule profonde mais tellement authentique.

dimanche,12 décembre 2010

Sensus Sinhikolus

Les sorties se suivent et ne se ressemblent pas : nous étions deux pour mettre le Sensus en place il y a un an, nous sommes huit pour relever les compteurs!



La fine équipe

Il faut dire que Mathieu a la bonne idée de combiner sa sortie école du dimanche avec la collecte du capteur. Dans sa classe, un seul élève : Gwen. Mais il y a aussi le Manu, Jérôme et sa Maryse, Birgit ainsi qu'une "estrangère" de la capitale : Anne-Cécile.

Tout se passe sans problème (on évitera de parler des bottes de Mathieu qui n'a que des pieds gauche). Il fait froid depuis plusieurs jours donc, pas d'eau, trou propre.

                                                          l'oppo d'Anne-Cécile

L'équipement a été calculé au plus juste, il faut bien raccourcir quelques cordes mais bon, c'est pour la science, compter les plaquettes, se contenter de boulons vissés au 2/3 faute de taraud, seul le but compte. Notre détermination vient à bout de ces quelques rien du tout et c'est avec émerveillement que Gwen, Maryse, Anne-Cécile et Jérôme découvrent le Graal. MonDieu, quelle émotion, il est là!



Le descendeur tout-en un de Manu

Bon, c'est pas tout, il faut remonter. Manu et Mathieu qui s'en balancent, ont déjà rebroussé chemin. Nous faisons de même. L'affaire est rondement menée, le trou est déséquipé. Terminé!

Gwen sans les mains

On se change, la bise et hop, à la maison.

Enfin seul avec ma pipistrelle électronique, je le place sur mon bureau. Et si ça n'avait pas fonctionné? Et si les connecteurs déconnaient? N'y tenant plus, je pose la bête sur son socle : rien. Pas de connexion! Merde. Je prends le temps de lire ce que me dit le logiciel (en anglais). Ah, faudrait voir si je suis sur le bon port... Je ne suis pas sur le bon port. Je corrige. Nouvel essai et là : au bout de trois secondes... rhaaa, il envoie la purée! Enfin, nous allons tout savoir sur les activités cachés du Sinhikole.... et nous ne sommes pas déçus : 

Mathieu teste la résistance de l'amarrage mono-spit

                                                                                                             Birgit fait sa forte

Je ne compte pas les crues en dessous de 10m.

6 crues de 20m

5 crues de 30m

5 crues de 40m (cette fois le capteur n'était pas bridé à 30m)

1 crue de 54m

On est contents, au suivant!

Birgit et son protégé



                               

                                                                                                                    Le Sensus dans son bain


lundi,15 novembre 2010

REDOUTABLE!!!

Visite imprévue de François sur la côte basque.

- Un gouffre à Biriatou, tu connais?

- Ben non...

- Ca donne quoi sur la carte?

- Ben je sais point... Attend... Géoportail... Infoterre... Moui... Alors c'est du Coniacien-Maastrichtien (calcaires, flysh marno-gréseux, marnes cochoïdes de Bidart) ou du Turonien-Maastrichtien (calcaires et marnes de Bidache, flysh)... Selon que le trou est là ou plus haut...

- Sur la zone de contact!!! Génial!

C’est décidé, ne craignant ni froid ni pluie, nous choisissons de nous rendre à Biriatou pour retrouver le fameux gouffre. Petit coup de fil à Greg, rendez-vous pris pour le déjeuner. Nous sommes tous gaillards pour affronter les intempéries, mais pas question d’avoir le ventre vide tout de même !

Nous filons chez Jules prendre un bon gros poulet fermier, je prépare un sauté de chou-patates-oignons-câpres et nous ouvrons une bonne bouteille de Saumur-Champigny amené par François.

Vers 14h30, nous voilà partis, repus, heureux, presque béats, et surtout  motivés ! Le terrain est bien gras, on grimpe en voiture jusqu’où on peut, genre qu’on se la joue aventuriers du dimanche (voire palombistes avinés et fainéants si on en juge notre tenue !). 

Une clôture nous sépare d’un bel affleurement calcaire… Ca sent le trou par là !

François se dirige vers la droite, suivi par Greg, je choisis de  monter par la gauche, je suis mon instinct… A quelques mètres d’un gros poste de chasse, je me dirige vers le sommet, là où je vois une barre qui me semble rocheuse, plutôt bien planquée derrière de vilains chachis. Et voilà, paf, du premier coup, le trou ! Plus très actif en spéléo le Zang, mais pas perdu le flair !

Je siffle pour appeler mes camarades qui arrivent bien vite.

- Tu as trouvé mon Zanlu?

- Ben non, c'était pour reprendre les clefs de la voiture à Greg.

- Ben nous on a trouvé!!!

- Ben moi aussi!!!!!

- Ah ouais, c'est gros!

Je me lance sans matos (oui ! moi qui déteste ça les désescalades !), devant mes amis perplexes (« euh t’es sûr que tu veux pas la corde ??? »), et je parviens quelques mètres plus bas sur une pente. Second petit ressaut et un puits… Là c’est plus pentu alors je stoppe.

- Tu vois des amarrages???

- Ouais, y en a plein mais des tous pourris!

Mes camarades me rejoignent avec aisance, ayant pris soin d’attacher une vieille nouille un peu tonchée (celle pour remorquer les voitures je crois) pour la remontée.

Greg, plus habile et mieux chaussé que François (bottes façon « je sors de la marina d’Hendaye ») et moi (Ranjos semelles façon « j’ai beaucoup trop marché »), s’approche du bord pour y voir mieux. Un ressaut de 3-4 m et un départ de puits à gauche. OK, on reviendra, faudra faire la topo.

Nous remontons, notant des amarrages pas très spéléos, du genre pompiers ou montagnards.

La sortie du gouffre nous offre un paysage plutôt surprenant, décalé, trash… Brutalement industriel et urbain. Bruyant et gris.

Nous sommes là, sur les talus défensifs de la redoute Louis XIV, et là, devant nous, juste à nos pieds, la frontière franco – espagnole étale ses entrepôts le long de la Bidassoa et dégueule de poids-lourds sur le pont autoroutier de Béhobie… C’est sûr, c’est pas les Arbailles…

Nous prospectons la redoute dont les angles sont encore nettement visibles et nous retournons vers l’autre cavité repérée par François. Cette fois c’est Grégoire qui s’y colle. Il surplombe rapidement un puits qu’il estime à une quinzaine de mètres. Pas de spit, pas de trace, de la première en perspective donc !!!

Retour à la voiture, direction les rives de la Bidassoa sous Biriatou pour tenter de retrouver une galerie de mine indiquée par mon plombier qu’on ne trouvera finalement pas (la mine, pas le plombier !).

Nous ne rencontrons pas âme qui vive, sinon des sangliers fouissant sur les bords du fleuve.

De retour à la maison sous une pluie battante, nous scrutons ma bibliothèque tout en dégustant un bon Traou-Mad de Pont-Aven ! Feuilletant un vieux numéro d’Ikartzaleak, François découvre une coupe du gouffre de la Redoute relevée en janvier 1978 ! Bientôt 19h, mes amis me laissent pour rejoindre leurs pénates.

Un bon dimanche comme ça faisait longtemps qu'on n'en n'avait pas passé!

Zang-Lu


samedi,30 octobre 2010

Bassia

30/10/2010 Bassia (Vallée d'Aure) avec O.Lacroix, G.Enaud, D.Marque, PM Abadie, F.Ichas

Il en est toujours ainsi, avec le temps va, tout s'en va...

Je ne me souvenais pas avoir dit à Gaël que j'étais OK pour un portage au Bassia, ou a t-il omis de me préciser que la sortie consistait à porter du matos de plongée... toujours est-il que lorsque j'ai reçu son mel où il me demandait si j'étais toujours partant, et ben j'ai répondu oui...

Le temps peut altérer les souvenirs et la conscience mais il m'en reste encore un peu (de souvenir) pour ma rappeler que des bouteilles, ça fait mal aux cuisses, surtout si elles sont de diamètre modeste dirons nous (les cuisses, pas les bouteilles)...

vide-grenier à -500...

J'envoie donc un mel à Olivier pour lui dire que je suis partant mais que je ne tiens pas à porter des charges au dessus de mes moyens. Olivier me réponds en me rassurant :

- "il n'y a que trois kits et je porterai le plus lourd. De plus nous sommes cinq"

- "dans ce cas..." me voilà rassuré sur ce point. Après, il faut quand même aller jusqu'à -480m (parait-il car il n'y a pas de topo...)

Je pars avec Gaël avant que l'aube ne rougeoie (si elle veut bien rougeoyer aujourd'hui) pour nous retrouver avec le reste de la bande devant la barrière du chemin forestier vers 9h30.

La descente commence vers 11h. Beau trou, bien équipé, kits pas trop lourds, mais pas trop légers non plus. Tout se passe bien jusqu'à la salle de Pâques (-300m) que je connais pour l'avoir visitée lors d'un exercice secours dans le 65. C'est après que ça se gâte.

                                    Son obscure objet de désir...

- "au bas de la salle, nous sommes à -365m et c'est là qu'il faut faire gaffe car il c'est là qu'ils ont désobé une diaclase en laissant les blocs plus ou moins coincés au sol. Surtout, ne  rien toucher!

- "ok"

Effectivement; c'est une diaclase, à 45° vers le bas et à 45° vers la gauche avec des blocs instables, ceci sur une trentaine de mètres. Après, ben, il n'y a plus de blocs, on est dans la diaclase qui plonge à 45°, c'est large ... mais pas haut. 10m plus bas, on repart vers la droite pratiquement à l'horizontale, c'est haut, mais pas large... et oui, on ne peut pas tout avoir... puis on repart toujours en descendant à 45° mais ça devient large et haut, mais faut pas trainer car ça parpine... Nous arrivons alors à une bifurcation : deux branches qui mènent vers des siphons. Nous partons à droite. Après, ça redevient plus sympa.

à l'aise...

Enfin, nous arrivons à pied d'œuvre. Olivier se dirige vers le siphon avec PM et David tandis que Gaël et moi devons vérifier deux escalades susceptibles de shunter ce siphon.

...mais concentré

Première escalade quelques mètres au dessus du terminus : pas bon, on retombe sur le siphon. Nous décidons d'aller voir où ils en sont avant d'aller vérifier l'autre possibilité située une cinquantaine de mètres plus haut.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu de plongeur "fond de trou". Maintenant ils plongent en combi sèche avec des LED, pour le reste, ça n'a pas changé à mon grand regret : les plombs de 2kg font toujours deux kilos et les biberons n'ont toujours pas de tétines en silicone... Pour l'occasion Olivier teste la configuration dite "à l'anglaise". Le temps de" harnacher le preux chevalier des noires eaux" et hop, Olivier se glisse dans l'onde claire, tel un caïman dans un marigot...

- "bon ben, on remonte voir cette deuxième escalades Gaël?"

- ben ouais, il y est pour un moment si tout va bien"

c'est parti!

Et c'est parti pour la remontée. deux coups de pédale et ... j'entends du bruit du côté du siphon.

- "merde, il revient"

Une lueur parvient à percer le café au lait bouillonnant et notre explorateur reparait. Le temps de rembobiner son fil d'Ariane et voilà qu'il nous donne quelques explications :

- "j'ai repéré un passage étroit mais je me suis fait rattraper par la touille, trop dangereux pour moi, dommage"

Il est déçu mais il a pris la sage décision. Pas si facile que ça de renoncer quand l'appel de la découverte est là.

                     j'aurais comme une envie de café au lait moi...

- "On va voir cette deuxième escalade pendant que vous remballez tout"

- "ok, on se rejoint plus haut"

Le temps d'avaler quatre ou cinq puits, dont un superbe P30 et nous voilà à pied d'œuvre. Auparavant, nous avons dû nous taper un petit passage vicieux du genre diaclase dans laquelle il faut se hisser sans prise, pas assez large pour s'y coincer mais suffisamment pour bloquer le kit ... Le genre de truc que tu n'aperçois pas à la descente mais qui te tue au retour.

Gaël nous sort l'escalade en free en navigant entre des blocs suspendus.

- "euh, attends, je me mets à l'abri Gaël"

Le temps de se faufiler entre deux énormes blocs branlants et c'est le grand noir :

- "whaou, ça continue par ici!"

- "c'est comment?"

- "ben, c'est grand, je vois la suite en face mais il faut se taper une bonne traversée. Faudra un perfo"

Gaël est content, le Bassia continue! Faut dire qu'il y a un sacré potentiel, la résurgence se trouve à plusieurs bornes, du coté de Sarancolin.

                                comme ça, c'est fait!

Entre temps, le reste de la troupe est arrivé. Comme les blocs sont pleins, Olivier décide de laisser le matos au départ de la branche de gauche qui mène au deuxième siphon. Content, on va laisser ces boulets dans le trou.

Doublement content quand je me retrouve dans la diaclase dont je vous ai causé plus haut, parce que là, les trucs vicieux qui se voient pas à la descente (sauf pour PM qui voit le mal partout...), il y en a un paquet!

              les porteurs reçoivent les palmes du mérite

Bref, la bavante s'achève au bas de la salle de Pâque qui s'appelle ainsi (je suppose) car après le calvaire, c'est la résurrection (trois jours après mais bon...). Pour fêter ça, Gaël nous sort du saumon fumé. Et oui, ils sont comme ça au GSHP avec les coolies! Un avant goût du paradis.

Après, ben, c'est la même chose à la montée qu'à la descente :  c'est beau, c'est bien équipé et on sort sous les étoiles. On est contents!

TPST : 12 heures

jeudi,28 octobre 2010

Cueillette

28/10/2010 - EX25 - B.Choze, F.Ichas

C'est parti pour la collecte des capteurs Sensus.

                                                     les préparatifs

Contrairement à ce que nous avions planifié lors de la pose des capteurs, nous commençons par le gros morceaux : l'EX25.

                                                   Il fait beau... mais c'est lourd

Pas trop de personnel en cette période de vacances, nous sommes donc deux à commencer l'équipement. Nous en profitons pour planter quelques spits qui étaient restés à l'état de projets...

Le trou est équipé jusqu'au P20. Nous y avons laissé la corde pour le puits suivant (Puits de la Vasque) ainsi que trois sangles et deux amarrages.

Tout le monde a sa dose...

La prochaine virée pourrait être suffisante pour aller jusqu'au fond puisqu'il ne restera que la zone des puits située après la Galerie des Dolines à équiper.

TPST : 6h

dimanche,17 octobre 2010

On remballe le max!

17/10/2010 Les Isards avec Jonathan, Birgit et François

Déjà un an de passé depuis notre dernière visite. C'était en août, il faisait beau, nous étions encore plein d'ardeur. Nous avions comme projet de retourner au terminus de -480m, pour cela il fallait remettre le bivouac en état et puis, l'hiver est passé et notre motivation avec.

Début de saison

Obéissant à une loi physique qui veut que, pour qu'un projet aboutisse, avant même de passer à l'acte il faut qu'il y aie une énergie de cohésion. Si celle-ci n'est pas entretenue elle à tendance naturellement à diminuer, les liens se distendent et chacun s'en va vers de nouveaux projets, de nouvelles aventures (l'attraction terrestre en fait)... Il est donc temps d'admettre que la suite ne sera pas pour nous.

                                                   Avant la descente... faut monter

Ce dimanche, empruntant une nouvelle fois le sentier qui mène aux Isards, je ne sais pas si j'ai vraiment fait le deuil de cette histoire, débutée il y a 23 ans pour moi mais je vais retirer mes billes de cette entreprise, à savoir mes sacs de couchages... que je compte replacer ailleurs quand même...

                                                        L'entrée dans son linceul

Et puis, il y a cette pente légèrement saupoudrée de blanc qui me fait songer que, moi aussi je suis un peu saupoudrée et que la cavité elle, est toujours là, toujours aussi farouche. Il est temps de passer le flambeau à la jeune génération.

Bon, trêve de songes!

Nous étions sept mais par un prompt virement de bord

Nous nous vîmes trois en arrivant au port...

Jonathan s'engouffre

Ah! si vous croyez que cette légère déveine va altérer notre détermination... ha ha ha, je rigole! Pas plus que les piles que Birgit a oubliées, pas plus que son Jumard qu'elle oublie à l'entrée du trou, pas plus que mon descendeur que j'oublie à la maison, pas plus que le grésil qui single nos visages, pas plus que la raideur du sentier, rien ne nous arrêtera!

- "11h on y va!"

La montée est avalée en 1h20. Nous ne nous éternisons pas trop avant d'entrer vu qu'il fait sacrement froid.En fait il gèle.

Ca va vite car nous descendons avec des kits vides. Jonathan découvre et a très chaud. Il nous parle déjà de la ponction qu'il va se prendre. De suite les "grand maux"!

                                Birgit dans sa combi Pipérade de chez Stephanos

Nous faisons un arrête technique au Sun Park, le bivouac des belges où trône toujours le bout de papier topo avec les inscriptions suivantes :

     "Toi qui passes, garde conscience du luxe d'avoir choisi d'être là" proverbe gaulois

Oui, nous n'oublions pas Jack.

                                        et oui, il y a des artistes : Sun Park en automne

Jonathan au bas de la deuxième main-courante

Nous arrivons à notre  bivouac à nous vers 15h. Il reste pas mal de matos à remonter  : mes deux sacs, celui de Zang, mon bas de Néoprène,  plus un bidon de bouffe ainsi qu'un tas de couvertures de survie. Nous remplissons ainsi deux sherpa de 16l plus un kit.

- "A y est, on a fait le plein"

- "Ca vous dit d'aller jusqu'à -300?"

- "ben, j'ai laissé mon matos en bas du dernier puits..."

- "c'est pas plus mal, on sortira plus tôt"

le reste de la troupe au même endroit

Pas question de déséquiper cette fois. C'est peut-être pour cela que j'avais le sentiment que ce ne serait pas la dernière pour moi???

Et c'est parti pour une bonne bavante. Les Isards avec un Sherpa, c'est du sport. Un seul l'avait fait auparavant (Péache y s'appelle le gars) je me disais qu'il avait fait cela pour se faire pardonner quelques lourdes fautes inavouables dont il devait expier...

Ceci dit, c'est peut-être vrai car lui, c'était un vrai gros Sherpa.

Jonathan s'explose le coude dès le départ, Birgit, la fesse droite... C'est juste pour pas remonter trop vite.

Nous refaisons surface à 19h au dessus d'une mer de nuage. C'est splendide!

                                                  Sans commentaires...

Les sacs laissés en surface sont raides de gel. Le temps d'immortaliser  cet instant, de s'en mettre plein les yeux, de replacer la bâche bleue sur l'entrée et nous plongeons vers la station qui se dissimule dans les nuages.

- " je suis content que tu sois venu Jonathan. C'est important que la jeune génération aie fait connaissance avec ce trou, ainsi l'explo ne s'arrêtera pas"

- "euh, oui, mais j'y reviens pas de suite..."

- " c'est normal, le temps d'oublier..."

                                                   Nous ostres des Isards

TPST : 8h

PS : une pensée pour tous ceux qui n'ont pas pu venir : PM, Yannick, Zang, PH, Christine, Mathieu et les autres... Ne pleurez pas, faudra y retourner pour deséquiper.

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